Quelles sont les conditions de la tenue pudique de la femme en islam ?
La réponse en bref
Les savants décrivent la tenue de la femme musulmane devant les hommes étrangers par des conditions tirées du Coran et de la Sunna : couvrir le corps, être ample pour ne pas dessiner les formes, être opaque, ne pas être une parure qui attire les regards et ne pas imiter la tenue des hommes. Ces conditions ne sont liées à aucune culture en particulier.
Que dit le Coran ?
Les deux textes de référence se trouvent dans les sourates An-Nour et Al-Ahzab. Le premier demande de ne pas montrer ses atours, sauf ce qui en paraît, et de rabattre le voile sur l’encolure ; le second demande de ramener sur soi son grand voile (jilbab). Traduction du sens :
« … qu’elles ne montrent de leurs atours que ce qui en paraît, et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines… »
« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles… »
Les conditions retenues par les savants
À partir de ces textes et de la Sunna, les ouvrages de jurisprudence et de fatwa reprennent les mêmes critères pour la tenue portée devant les hommes non mahram :
- Couvrir le corps. Les juristes divergent pour le visage et les mains : selon la majorité, dont l’école malikite, ils ne font pas partie de la ‘awra.
- Être ample, sans dessiner les formes du corps.
- Être épaisse, sans laisser voir la peau.
- Ne pas être en soi une parure qui attire les regards.
- Ne pas imiter la tenue des hommes.
Ni couleur ni costume imposés
Les savants précisent que ces conditions sont générales et ne sont propres à aucune société : toute tenue qui les remplit est conforme, qu’il s’agisse d’une abaya ou d’une tunique longue sur un pantalon large. Les textes n’imposent pas de couleur ; ce qui compte est que la tenue ne soit pas en elle-même une parure voyante, ce qui relève de l’usage local.
Comment appliquer ces conditions au quotidien ?
Les critères sont clairs ; la difficulté est surtout de trouver la bonne pièce. Quatre vérifications avant d’acheter :
- Longueur : le haut couvre-t-il les hanches, même assise ou bras levés ?
- Ampleur : la coupe reste-t-elle large en mouvement, ou colle-t-elle ?
- Opacité : en pleine lumière, la peau se devine-t-elle à travers le tissu ?
- Humidité : le tissu colle-t-il quand il est mouillé ? Un point essentiel pour le sport et la baignade.
Et pour le sport et la baignade ?
Les mêmes conditions s’appliquent aux tenues de sport et de bain : une pièce ample qui ne colle pas avec la transpiration ou l’eau, dans un tissu opaque. Les questions liées aux lieux de baignade et à la mixité sont traitées en détail par les savants ; le mieux est de les poser à une personne de science.
À qui poser une question personnelle ?
Le Maroc suit l’école malikite. L’instance officielle de la fatwa y est le comité chargé de la fatwa du Conseil supérieur des oulémas, et les conseils locaux des oulémas reçoivent les questions dans chaque province.
Questions fréquentes
La tenue pudique doit-elle être noire ?
Non. Les textes n’imposent aucune couleur ; la condition est que la tenue ne soit pas en elle-même une parure qui attire les regards.
La tenue islamique est-elle liée à une culture ?
Non. Les savants précisent que ses conditions sont générales : toute tenue couvrante, ample et opaque est conforme, quelle que soit sa forme.
Le visage et les mains font-ils partie de la ‘awra ?
C’est une question de divergence. Selon la majorité des juristes, dont l’école malikite suivie au Maroc, ils n’en font pas partie.
Sources
Cet article présente ce que rapportent les savants ; ce n’est pas une fatwa. Pour une question personnelle, adressez-vous à une personne de science.